dimanche 22 novembre 2009

L’armée israélienne a enlevé 6 200 mineurs depuis 2000

samedi 21 novembre 2009 - 11h:08

Imemc

Un rapport officiel remis à la Ligue arabe par le ministre des Affaires des Prisonniers de l’Autorité palestinienne (Ramallah) révèle que les forces d’occupation israéliennes ont enlevé environ 6 200 mineurs palestiniens depuis le début de l’Intifada Al Aqsa (2000), et qu’environ 337 d’entre eux sont toujours détenus dans les prisons israéliennes et les centres d’interrogatoires.

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Lors de la réunion de samedi dernier du Conseil des délégués permanents de la Ligue arabe, lequel fut créé pour discuter des conditions des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, le ministre Issa Qarage a présenté un rapport qui dévoile « les pratiques répressives, inhumaines, des autorités d’occupation israéliennes contre les mineurs palestiniens dans les prisons et les camps de détention israéliens, » insistant sur le fait qu’elles agissent ainsi en violation des dispositions du droit international, des conventions sur les droits de l’enfant et toutes les règles internationales.

Le rapport souligne que « toute personne âgée de moins de 18 ans doit être considérée comme un mineur, selon le droit international, laConvention relative aux droits de l’enfant et récemment, selon la législation nationale israélienne, » et selon la définition du mineur dans les principes fondamentaux des Nations unies adoptés dans larésolution 45/113 de l’Assemblée générale, en date du 14 décembre 1990.

Qarage a indiqué que les autorités d’occupation israéliennes « privaient les détenus mineurs de leurs droits fondamentaux garantis par les conventions internationales tels que le droit à connaître le motif de leur arrestation, le droit à un avocat, le droit des familles à connaître le motif et le lieu de la détention de leur enfant, le droit de comparaître devant un juge, le droit de contester l’accusation et de s’y opposer par un recours, le droit de communiquer avec le monde extérieur et le droit à un traitement humain qui préserve la dignité du mineur détenu. »

Le rapport prévient que les autorités d’occupation « violent de façon évidente les droits des mineurs détenus » ; qu’elles les traitent comme « des éléments subversifs potentiels », « et qu’elles les soumettent à différents types de torture et de traitements cruels, tels que coups, privations de sommeil, faim, harcèlement sexuel et privation de visites. L’occupation qui s’impose par la force se sert des pires moyens mentaux et physiques pour extirper des aveux aux mineurs prisonniers et les pousser à travailler pour les services de renseignements israéliens. »

Le rapport mentionne également que durant la première Intifada (1987), un nombre important de mineurs a été arrêté et détenu sous l’accusation de jets de pierres et autres formes de résistances politiques, mais que pendant la deuxième Intifada (2000), Tel Aviv a commencé à utiliser la détention administrative contre les mineurs palestiniens et à déclarer coupables et détenir des mineurs de moins de 14 ans pour des périodes allant jusqu’à 6 mois.

Le rapport précise que selon le rapport annuel de 2002 de l’organisation Défense des Enfants International, ces modes d’arrestations n’avaient pas existé durant les années de la première Intifada.

20 novembre 2009 - IMEMC - traduction : Info-Palestine.net

Coordination répressive en Cisjordanie : Israël siffle-t-il la fin de la partie ?

samedi 21 novembre 2009 - 07h:36

Ma’an News

Les forces israéliennes d’occupation ont arrêté six Palestiniens de Naplouse et Salfit, la nuit dernière [19 au 20 novembre] avec parmi eux un commandant et quatre officiers des services de renseignements de l’Autorité palestinienne.

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Les troupes israéliennes procèdent régulièrement à des incursions, voir des rafles, dans les Territoires Palestiniens Occupés - Photo : MaanImages

Des négociations de haut niveau entre des responsables palestiniens et israéliens sont en cours depuis l’aube, pour tenter que les hommes soient libérés, avec des officiels américains qui sont entrés dans le débat, peu après 11 heures [heure locale] exprimant leur « préoccupation » à propos des actions israéliennes.

Ces actions auraient été approuvées par des représentants du gouvernement israélien avant que les captures aient eu lieu, selon des sources « sécuritaires » palestiniennes.

Les officiels ont déclaré que « les prochaines heures » permettront de savoir si oui ou non la situation va s’aggraver.

Les enlèvements ont eu lieu au cours d’un raid sur le village d’Aqraba au sud de Naplouse, à 2h du matin vendredi, les forces israéliennes entrant par effraction dans la maison d’Abdul Hameed Bani Fadel Muhammad, âgé de 45 ans, commandant des services de renseignements de l’AP [de Ramallah]. La maison du commandant a été saccagée et il a été fait prisonnier par les troupes israéliennes. Il a été emmené vers une destination inconnue pour être interrogé.

Les forces israéliennes d’occupation se sont ensuite rendues au domicile de quatre des officiers des services de renseignements de l’AP, dans les villages de Bruqin, au sud-ouest de Salfit et dans Deir Istiya, au nord de la ville, et enlevé :

le lieutenant-Bader Mahmud Mustafa Sabra, 37 ans
le lieutenant Rami Hatem Khater, 30 ans
le lieutenant Abdul Hameed Muhammad Abdul Hameed Al-Khatib, 29 ans
le lieutenant-Zaid Ahmad Mahmoud Abu Zaid, 32 ans

Le maire de Salfit, Munir Al-Abushy, a déclaré que les forces israéliennes ont également exigé qu’un cinquième policier, Ibrahim Abdul Dayem, se rende lui-même en détention après que sa maison ait été envahie, mais sans qu’il y soit.

Al-Abushy considère que les forces israéliennes ont envoyé un « message clair à l’Autorité palestinienne en particulier suite à la crise politique actuelle avec Israël ». Il a en outre noté que les officiers arrêtés sont les « plus hauts gradés vivant à Salfit », et a indiqué qu’ils travaillaient à « la lutte contre les crimes politiques » [c’est-à-dire la répression des mouvements d’opposition - N.d.T].

Les domiciles de deux civils à Bethléem ont également été fouillés vendredi matin, mais ces incursions ne semblent pas être sans lien avec les détentions précédemment citées. Ce sont les domiciles de Khader et Ahmad Jaber Al-Siury qui ont été forcés à Bethléem.

Plus tard dans la journée des médias israéliens ont apporté la confirmation de la détention des cinq officiers par « les services de la défense » israélienne, , mais sans donner de détail expliquant pourquoi ces enlèvements ont été effectués. Un porte-parole militaire israélien a refusé de se prononcer sur la question.

Des sources consulaires américaines n’ont pas voulu confirmer l’implication américaine dans la question.

20 novembre 2009 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet...
Traduction : Info-Palestine.net

Le chef de l’armée libanaise appelle les soldats à être prêts à toute agression

G.Houbballah

21/11/2009

Guerre ou pas guerre?
Quoiqu'il en soit, les médias israéliens ne se lassent jamais de faire circuler de temps à autre des nouvelles d’une guerre possible israélienne contre le Liban.

Ainsi, le quotidien israélien Haaretz a révélé que le ministre israélien Benjamin Netanyahu à élaboré un plan de guerre contre le Liban, l'Iran et la Syrie au printemps prochain.
Et vendredi, Amos Harel, le correspondant militaire de Haaretz a parlé d’une guerre israélienne contre le Liban pouvant se développer en guerre régionale incluant Téheran.
Harel a, toutefois précisé, que la situation sur la frontière avec le Liban était compliquée:" d'une part, il y a l’arsenal de missiles du Hezbollah, mais en revanche il n'y a aucune activité du Hezbollah contre « Israël » à la frontière".

Dans ce contexte, le chef de l'armée du Liban, Jean Qahwaji, a appelé les soldats d'être en état d'alerte et de préparer les défenses militaires le long de la frontière pour une possible attaque israélienne, a rapporté samedi le quotidien palestinien al -Quds Al-Arabi.

Dans un communiqué publié à l’occasion de la célébration du Jour de l'indépendance du Liban, Qahwaji a déclaré que les soldats doivent se préparer "pour contrer tout complot que l'ennemi israélien prépare contre la patrie, et de continuer la bataille contre ses violations aériennes, marines et terrestres avec toutes les moyens qui sont à notre disposition ».

Le chef d'état-major des forces d'occupation israéliennes Gabi Ashkenazi a récemment averti le Knesset que le Hezbollah est actuellement armé avec des milliers de missiles, dont certains pourraient atteindre Dimona, au sud des territoires occupés.

"Certains d'entre eux ont une portée de 300 km et certains d'entre eux ont une portée de 325 km," a affirmé Ashkenazi, ajoutant que les missiles étaient prêts à l'emploi.

Et de souligner : "Il y a un paradoxe – d’une part, le Hezbollah est calme, mais quand vous vous pencher au-dessus des fils barbelés vous pouvez voir l'armement et un renforcement de leurs forces. Si le Hezbollah procède à une attaque en guise de représailles à l’assassinat de Moughniyeh il obligera Israël à réagir et cela conduira à une dégradation ».

Pour sa part, le commandant en chef de l’armée libanaise a souligné que «le Liban continuera à œuvrer pour libérer la terre qui est toujours sous occupation israélienne, y compris les fermes de Chebaa et une partie du village de Ghajar".

Qahwahi a exhorté les militaires à «faire le maximum possible pour garantir la vie des citoyens et préserver leurs moyens de subsistance et de continuer la poursuite des terroristes, des criminels et tous ceux qui compromettent la sécurité du pays."

Par ailleurs, un tribunal militaire libanais a condamné à la peine capitale la semaine dernière un homme accusé d'espionnage pour l’ennemi israélien et a arrêté un autre individu soupçonné du même chef d’accusation.

Au printemps dernier, le Liban a arrêté près de 20 membres appartenant à six cellules d'espionnage soupçonnées de collaborer avec « Israël ».

A ce titre, le général Qahwaji a demandé à l'armée de rester aux côtés du peuple libanais "pour soutenir leur résistance sur leur terre" et a rappelé le droit du Liban à «libérer de ses terres encore sous occupation ».

Et de conclure : «Sachez que l'indépendance ne peut être réalisée pleinement que par la protection du territoire et de son peuple, en honorant la souveraineté de l'État sur chaque centimètre de notre territoire national».

Abou Zouhri : Hamas n'a pas de négociations annoncées ou secrètes avec l'occupation

[ 21/11/2009 - 13:52 ]
Gaza – CPI

Le mouvement du Hamas a minimisé de l'importance des déclarations du président sortant de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, concernant la position du Hamas envers un état palestinien avec des frontières provisoires et l'existence de négociations secrètes avec l'entité sioniste en les qualifiant d'un délire politique qui vient après les frappes de ses amis américains et israéliens.

Le porte-parole du mouvement Hamas, Dr. Sami Abou Zouhri, a nié totalement dans une déclaration de presse, le vendredi 20/11, que le mouvement du Hamas accepte un état à des frontières provisoires ou d'avoir des négociations secrètes avec l'occupation israélienne, en disant que les déclarations d'Abbas qui parlent de négociations secrètes entre le Hamas et l'occupation israélienne autour d'un état provisoire ne sont qu'un délire politique.

"Ces déclarations ne sont pas vraies et le Hamas a affirmé la continuation de son refus à l'idée d'un état avec des frontières provisoires et que l'insistance d'Abbas de répéter ces mensonges représente une tentative échouée pour défigurer les positions politiques du mouvement du Hamas et créer certaines atmosphères afin d'annoncer son acceptation à cette idée", a ajouté Abou Zouhri, en déclarant que le Hamas ne négocie jamais avec l'occupation.

Le mouvement du Hamas a affirmé son refus aux négociations politiques avec l'occupation et à un état avec des frontières provisoires, tout en appelant l'équipe d'Oslo à revoir ses choix politique et arrêter ses négociations inutiles avec l'occupation, tout en retournant au choix de la résistance pour libérer toute la Palestine.

Abbas avait prétendu dans ses déclarations à la chaîne britannique "BBC" que le mouvement du Hamas négocie avec l'occupation secrètement autour d'un état avec des frontières provisoires.

Dans la bande de Gaza, les gens n’arrivent pas à joindre les deux bouts

[ 22/11/2009 - 00:53 ]
Gaza – CPI

Après la guerre agressive israélienne menée contre Gaza, la bande de Gaza vit son premier hiver. Plusieurs mois plus tard, les habitants continuent à vivre le cauchemar de cette guerre et les conséquences qu’elle a laissées, dans tous les domaines de la vie. Beaucoup ont perdu des êtres chers. Et beaucoup ont perdu leurs maisons et leurs biens. Les compensations promises tardent à arriver. La deuxième grande fête arrive dans quelques jours, l’Aïd Al-Kabir, sans que les habitants de la bande de Gaza ne puissent en profiter. Puis les familles ont besoin d'acheter des équipements et des vêtements pour leurs enfants, afin de faire face au froid, surtout que la plupart voient leurs écoles détruites.

Les commerçants, à l’instar des années passées, se préparent à une saison active, en espérant compenser les pertes subies durant les mois passés, suite à la guerre sauvage israélienne. Ils ont pu introduire beaucoup de produits via les tunnels reliant la bande de Gaza à l’Egypte.

En effet, ces tunnels continuent à marcher et les produits en affluent, bien que les officiels égyptiens les contrôlent hermétiquement, bien que les Israéliens les détruisent de temps à autre.

Toutefois, malgré toutes ces préparations, le marché reste calme. Les produits affluent, mais les gens non.

Déceptions !

Tous les vendeurs se voient déçus, ceux qui vendent de bons produits ou ceux qui en vendent de moins bons.

Le commerçant Kamal Al-Yazeji, en dépit de tout le mal qu’il s’est donné pour importer des produits de meilleures qualités, n’arrive à les écouler. Qu’Allah (le Tout Puissant) punisse ceux qui sont derrière nos malheurs ! dit-il.

La crise est très grave ; elle touche tout le monde. Beaucoup de gens ne s’approche du marché central, croyant que les prix ne sont plus abordables, dit Mohammed Al-Haddad, gérant d’un magasin de vêtements d’enfants. Ils vont chercher des produits bon marché dans les marchés populaires, faibles ressources et chômage obligent.

Dieu merci, je suis fonctionnaire, dit Om Hodifa, mère de huit enfants ; j’avais cru pouvoir acheter ce dont mes enfants ont besoin, mais non, rien à faire. Les prix sont exorbitants, de façon inimaginable. Les commerçants égyptiens imposent leurs prix, sachant que leurs semblables palestiniens n’ont pas d’autre choix que de passer par eux.

Om Ammar est mère de cinq enfants. Sa situation est encore plus difficile. Son mari est sans emploi depuis trois ans. Ses enfants réclament de nouveaux vêtements pour la grande fête. Mais il est impossible pour elle de payer 18 dollars pour l’achat d’un simple pull, dit elle.

Cependant, comment pourrais-je convaincre une petite enfant que je ne peux le lui acheter ? se demande-t-elle.

La fête arrive et la bande de Gaza survit toujours sous ce blocus inhumain. Quand le Monde, les Musulmans, les Arabes s’en rendront enfin compte ?

Les Bantoustans et la déclaration unilatérale d’indépendance de la « Palestine »

par Virginia Tilley*

21 NOVEMBRE 2009

Depuis
Le Cap (Afrique du Sud)

La possible proclamation unilatérale de l’État palestinien par Mahmoud Abbas a été présentée dans les médias comme une tentative de dénouer le conflit israélo-palestinien en en forçant la conclusion. Rien n’est moins vrai, souligne Virginia Tilley. En réalité, le président de facto de l’Autorité palestinienne se propose de faire ce qu’Israël souhaite mais ne peut entreprendre : créer un bantustan pour parachever le système d’apartheid.

L’Union européenne, les États-Unis et d’autres l’ont rejetée comme « prématurée », mais des soutiens proviennent de toutes les directions : journalistes, universitaires, militants d’ONG, leaders de la droite israélienne (voir plus loin). Le catalyseur semble être une expression finale de dégoût et de simple épuisement face au frauduleux « processus de paix » et l’argument ressemble à ceci : si nous ne pouvons pas obtenir un État par des négociations, nous allons tout simplement proclamer l’indépendance et laisser Israël face aux conséquences.

Mais il n’est pas exagéré de proposer que cette idée, quoique bien intentionnée par certains, porte le danger le plus clair de toute l’histoire du mouvement national palestinien, menaçant d’emmurer les aspirations palestiniennes dans un cul-de-sac politique d’où elles pourraient ne jamais ressortir. L’ironie est en effet que, par cette manœuvre, l’AP s’empare - et même déclare comme un droit - précisément de la même formule sans issue que le Congrès National Africain (ANC) a combattu âprement pendant des décennies parce que la direction de l’ANC la voyait à juste titre comme désastreuse. Cette formule se résume en un mot : Bantoustan.

Il est de plus en plus dangereux pour le mouvement national palestinien de comprendre si vaguement les bantoustans sud-africains. Si les Palestiniens ont entendu parler des bantoustans, la plupart les imaginent comme des enclaves territoriales où les Sud-Africains noirs étaient forcés de résider, et puis, ils n’avaient pas de droits politiques et vivaient misérablement. Cette vision partielle est suggérée par les commentaires de Moustafa Barghouthi au Centre des médias Wattan de Ramallah, quand il a averti qu’Israël voulait confiner les Palestiniens dans des bantoustans, mais a ensuite plaidé pour une déclaration unilatérale d’indépendance palestinienne dans les frontières de 1967 - bien que les bantoustans aient été conçus précisément comme des « Etats » nominaux sans véritable souveraineté.

Les bantoustans de l’apartheid sud-africain n’étaient pas seulement des enclaves territoriales scellées pour les noirs. Ils étaient la « grande » formule ultime par laquelle le régime d’apartheid espérait survivre : c’est-à-dire, des États indépendants pour les sud-africains noirs qui —comme les stratèges blancs de l’apartheid le comprenaient et l’indiquaient parfaitement— résisteraient pour toujours au déni permanent de l’égalité des droits et des voix requis par la suprématie blanche en Afrique du Sud. Comme le concevaient les architectes de l’apartheid, les 10 bantoustans étaient conçus pour correspondre approximativement à certains des territoires historiques associés aux différents « peuples » noirs pour qu’on puisse les qualifier de Homelands. Ce terme officiel indiquait leur fonction idéologique : se manifester comme territoires nationaux et finalement comme États indépendants pour les différents « peuples » noirs africains (définis par le régime) et ainsi assurer un avenir heureux pour la suprématie blanche dans le Homeland « blanc » (le reste de l’Afrique du Sud). Ainsi l’objectif du transfert forcé de millions de noirs dans ces Homelands était couvert d’un vernis progressiste : 11 États vivant pacifiquement côte à côte (ça a l’air familier ?). L’idée était d’accorder d’abord « l’autonomie » aux Homelands quand ils atteignaient une capacité institutionnelle puis de récompenser ce processus en déclarant/accordant une souveraineté d’État.

Le défi pour le gouvernement d’apartheid était alors de convaincre les élites noires « autonomes » d’accepter l’indépendance dans ces fictions territoriales et ainsi d’absoudre en permanence le gouvernement blanc de toute responsabilité sur les droits politiques des noirs. À cette fin, le régime d’apartheid a sélectionné et semé des « leaders » dans les Homelands, où ils ont immédiatement germé en une jolie récolte de compères (les arrivistes et profiteurs habituels) qui se sont encastrés dans les niches lucratives des privilèges financiers et des réseaux de copinage que le gouvernement blanc cultivait avec soin (ceci devrait aussi avoir l’air familier).

Il importait peu que les territoires des Homelands soient fragmentés en petits morceaux et manquent des ressources essentielles pour éviter de devenir des puisards de travail appauvri. En effet, la fragmentation territoriale des Homelands, bien qu’invalidante, ne comptait pas pour le Grand Apartheid. Les idéologues de l’apartheid expliquaient au monde entier qu’une fois que toutes ces « nations » vivraient en sécurité dans des Etats indépendants, les tensions se relâcheraient, le commerce et le développement seraient florissants, les noirs seraient affranchis et heureux, et la suprématie blanche deviendrait ainsi permanente et sûre.

La partie épineuse du plan était d’obtenir que même des élites noires entièrement choisies déclarent l’indépendance dans des territoires « nationaux » manquant manifestement de toute souveraineté significative sur les frontières, les ressources naturelles, le commerce, la sécurité, la politique étrangère, l’eau - à nouveau ça a l’air familier ? Seules les élites de quatre Homelands le firent, par des combinaisons de corruption, de menaces et d’autres « incitations ». Autrement, les noirs d’Afrique du Sud n’en voulurent pas et le monde rejeta le complot de A à Z. (Le seul État à reconnaître les Homelands fut le compagnon de route, Israël). Mais les Homelands servirent un but - ils déformèrent et divisèrent la politique noire, créèrent de terribles divisions internes, et coûtèrent des milliers de vies à l’ANC et aux autres factions qui les combattirent. Les derniers combats féroces de la lutte antiapartheid ont été dans les Homelands, laissant un héritage amer jusqu’à ce jour.

Si bien qu’actuellement l’ironie suprême pour les Palestiniens, c’est que la mission la plus urgente de l’apartheid en Afrique du Sud - obtenir que les peuples indigènes déclarent des indépendances dans des enclaves non-souveraines - s’est effondrée finalement avec la grande révolte des noirs qui a abattu l’apartheid avec elle, pourtant la direction palestinienne non seulement va directement dans le même piège, mais le revendique.

Les raisons pour lesquelles la direction de l’AP de Ramallah et d’autres veulent tomber dans cette trappe sont floues. Peut-être aiderait-elle les « pourparlers de paix » s’ils étaient redéfinis comme des négociations entre deux États au lieu de conditions préalables pour un État. Déclarer l’indépendance pourrait redéfinir l’occupation israélienne comme une invasion et légitimer la résistance ainsi que déclencher une intervention des Nations unies différente et plus efficace. Peut-être pourrait-elle donner aux Palestiniens un poids politique plus important sur la scène mondiale - ou au moins préserver l’existence de l’AP pour une autre année (misérable).

Les raisons pour lesquelles un coup d’œil rapide sur l’expérience sud-africaine des bantoustans n’a pas rapidement mis ces visions confuses en échec peuvent tenir en partie à deux différences clé qui brouillent la comparaison, parce qu’Israël a évité deux erreurs fatales qui ont contribué à faire échouer la stratégie sud-africaine des Homelands. Premièrement, Israël n’a pas fait l’erreur initiale sud-africaine de nommer des « leaders » pour diriger le « gouvernement intérimaire » du Homeland autonome palestinien. En Afrique du Sud, cette erreur initiale a rendu trop évidente que c’étaient des régimes fantoches, et a exposé l’illégitimité des territoires « nationaux » noirs, enclaves raciales artificielles. Ayant observé le ratage sud-africain, et ayant appris de son propre échec passé avec la Ligue des Villages et autres essais, Israël a plutôt travaillé avec les États-Unis pour concevoir le processus d’Oslo, non seulement pour remettre en place la direction exilée de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et son président Yasser Arafat sur les territoires mais aussi pour permettre à des « élections » (sous occupation) d’attribuer un vernis exaltant de légitimité à « l’autorité intérimaire autonome » palestinienne. Une des plus tristes tragédies du scénario actuel c’est qu’Israël ait si habilement tourné le noble désir de démocratie des Palestiniens de cette façon contre eux-mêmes- leur accordant l’illusion d’un vrai gouvernement démocratique autonome dans ce que tout le monde comprend maintenant qu’il a toujours été secrètement prévu pour être un Homeland.

Et maintenant Israël a trouvé un moyen d’éviter la deuxième erreur fatale de l’Afrique du Sud, qui fut de déclarer les Homelands noirs « États indépendants » dans des territoires non-souverains. En Afrique du Sud, ce stratagème est apparu au monde entier comme clairement raciste et a été universellement décrié. Il est évident que si Israël s’était dressé sur la scène internationale en disant « tel que vous êtes, vous êtes maintenant un État », les Palestiniens comme les autres auraient rejeté d’emblée la déclaration comme une farce cruelle. Mais obtenir des Palestiniens qu’ils déclarent l’indépendance eux-mêmes offre précisément à Israël l’issue qui a fait défaut au régime sud-africain : une acceptation volontaire par les indigènes de l’indépendance dans un territoire non-souverain sans capacité politique de changer ses limites territoriales ni aucun attribut essentiel d’existence - la pilule de la mort politique que l’apartheid sud-africain n’avait pas réussi à faire avaler par l’ANC.

Les réponses israéliennes ont été variées. Le gouvernement n’a pas l’air excité et a déclaré son « alarme », le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman a menacé de représailles unilatérales (non spécifiées) et des représentants du gouvernement se sont envolés vers plusieurs capitales pour s’assurer du rejet international. Mais les protestations israéliennes pourraient aussi être trompeuses. Une tactique pourrait être de persuader les patriotes Palestiniens inquiets qu’une déclaration unilatérale d’indépendance pourrait ne pas être dans l’intérêt d’Israël, pour écarter une telle suspicion. Une autre est d’apaiser les protestations de cette partie de l’électorat obtus de droite du Likoud pour qui « État palestinien » est anathème. Une réaction plus honnête pourrait être le soutien de l’ancien du parti Kadima Shaul Mofaz, un faucon qu’on ne peut absolument pas imaginer favoriser un avenir palestinien stable et prospère. Les journalistes israéliens de droite oscillent entre des éditoriaux qui dénigrent ou qui rassurent, argumentant qu’une souveraineté unilatérale n’a pas d’importance parce qu’elle ne change rien (proche de la vérité). Par exemple le Premier ministre Benjamin Netanyahu a menacé unilatéralement annexer les blocs de colonies de Cisjordanie si l’AP déclare l’indépendance, mais Israël allait le faire de toute façon.

Dans le camp sioniste libéral, Yossi Sarid a chaleureusement approuvé le plan et Yossi Alpher l’a fait prudemment. Leurs écrits suggèrent la même frustration finale sur le « processus de paix » mais aussi l’admission que c’est peut-être le seul moyen de sauver le rêve de plus en plus fragile d’un sympathique État juif libéral démocratique. Ça ressemble aussi à quelque chose qui pourrait plaire aux Palestiniens - au moins assez pour que leurs histoires culpabilisantes d’expulsion et d’absence de patrie se libèrent de la conscience sioniste libérale. Les libéraux blancs bien intentionnés d’Afrique du Sud - oui, il y en avait aussi - brûlaient aussi des chandelles avec ferveur pour le système des Homelands noirs.

D’autres journalistes judicieux ailleurs se lancent dans le soutien de l’indépendance unilatérale en avançant des comparaisons mal à propos —Géorgie, Kosovo, même Israël— comme « preuves » que c’est une bonne idée. Mais la Géorgie, le Kosovo et Israël avaient des profils complètement différents en politique internationale et des histoires complètement différentes de la Palestine et ces comparaisons sont de la paresse intellectuelle. La comparaison évidente est ailleurs et les leçons vont en direction opposée : pour un peuple faible et isolé, qui n’a jamais eu d’État et qui n’a pas d’allié international puissant, déclarer ou accepter une « indépendance » dans des enclaves non-contigües et non-souveraines encerclées et contrôlées par une puissance nucléaire hostile ne peut que sceller son destin.

En fait, le plus bref examen devrait révéler instantanément qu’une déclaration unilatérale d’indépendance rendra l’impossible situation actuelle des Palestiniens permanente. Comme l’a décrit Mofaz, une déclaration unilatérale permettra aux pourparlers sur un « statut final » de se poursuivre. Ce qu’il n’a pas exprimé, c’est que ces pourparlers deviendront vraiment sans objet parce que l’avantage palestinien sera réduit à rien. Comme l’historien du Moyen-Orient Juan Cole l’a récemment fait remarquer, la dernière carte que peuvent faire jouer les Palestiniens - leur vraie demande à la conscience mondiale, la seule vraie menace qu’ils peuvent soulever face au statu quo israélien d’occupation et de colonisation, c’est leur caractère apatride. La direction de l’AP-Ramallah a jeté toutes les autres cartes. Elle a étouffé les dissensions populaires, supprimé la résistance armée, confié l’autorité sur les questions vitales comme l’eau à des « comités mixtes » où Israël a un pouvoir de veto, attaqué sauvagement Hamas qui insistait à menacer les prérogatives d’Israël, et en général fait tout ce qu’il pouvait pour adoucir l’humeur de l’occupant, préserver le patronage international (argent et protection), et solliciter le retour promis (pourparlers ?) qui ne vient jamais. Il est de plus en plus évident pour quiconque observe ce scénario de l’extérieur - et pour beaucoup de l’intérieur - que ceci a toujours été une farce. Pour commencer, les puissances occidentales n’opèrent pas comme les régimes arabes : quand vous faites tout ce l’Occident exige de vous, vous attendrez des faveurs en vain, parce que la puissance occidentale perd alors tout avantage à traiter encore avec vous et s’en va tout simplement.

Mais, plus important, la comparaison sud-africaine aide à éclairer pourquoi les projets ambitieux de pacification, de « construction d’institutions » et de développement économique dans lesquels l’AP de Ramallah et le Premier Ministre Salam Fayyad se sont embarqués de tout cœur ne sont pas vraiment des exercices de « construction d’État ». Ils imitent plutôt, avec une similitude et une logique effrayantes, les politiques et les étapes sud-africaines de construction des Bantoustans/Homelands. De fait, le projet de Fayyad de parvenir à la stabilité politique par le développement économique est le même processus qui fut formalisé ouvertement dans la politique sud-africaine des Homelands sous le slogan de « développement séparé ». Que dans des conditions aussi vulnérables aucun gouvernement ne peut avoir de pouvoir réel et que le « développement séparé » soit égal à dépendance extrême, vulnérabilité et dysfonctionnement permanents, voila la leçon sud-africaine qui, dangereusement, n’a pas encore été apprise en Palestine - quoique tous les signaux soient là, comme Fayyad lui-même l’a admis à l’occasion avec de plus en plus de frustration. Mais déclarer l’indépendance ne résoudra le problème de la faiblesse palestinienne ; ça ne fera que la concrétiser.

Et puis, quand le « développement séparé » piétinera en Cisjordanie, comme il se doit, Israël fera face à une insurrection palestinienne. Alors Israël a besoin d’ancrer un dernier pilier pour assurer la souveraineté juive avant que ça ait lieu : déclarer un « Etat » palestinien et ainsi réduire le problème palestinien à une querelle de frontières entre parties supposément égales. Dans les coulisses de la Knesset, les architectes politiques de Kadima et les sionistes libéraux doivent maintenant retenir leur souffle, quand ils ne composent pas le flot de messages par voie détournée qui se déversent certainement sur Ramallah, encourageant ce pas en avant et promettant amitié, discussions privilégiées et grands avantages. Car ils connaissent tous l’enjeu, que toutes les pages d’opinion des grands media et les blogs académiques ont dits dernièrement : que la solution par deux États est morte et qu’Israël va faire face très bientôt à une lutte anti-apartheid qui détruira inévitablement le pouvoir d’État juif. Aussi une déclaration unilatérale de l’AP créant une solution en deux États malgré ses évidentes absurdités de Bantoustan est maintenant le seul moyen de préserver le pouvoir d’État juif, parce que c’est le seul moyen de faire dérailler le mouvement anti-apartheid qui annonce la condamnation d’Israël.

C’est parce qu’elle est si dangereuse que la comparaison avec les Bantoustans sud-africains a été négligée jusqu’à présent, traitée comme une question annexe, ou même comme une fascination exotique de spécialiste, par ceux qui se battent pour lever la famine à Gaza et humaniser le cruel système de murs et de barricades pour apporter les soins aux mourants. La soudaine initiative sérieuse de l’AP de Ramallah pour déclarer un État indépendant dans un territoire non-souverain doit certainement forcer à une compréhension collective nouvelle que c’est une question terriblement pragmatique. Il est temps de porter plus d’attention à ce que « Bantoustan » signifie vraiment. Le mouvement national palestinien ne peut qu’espérer que quelqu’un dans ses rangs entreprendra ce projet aussi sérieusement que ne l’a fait Israël, avant qu’il soit trop tard.

 Virginia Tilley

Virginia Tilley est professeur de science politique. Elle enseigne au Centre d’études politiques de Johannesbourg (Afrique du Sud). Elle a publié The One-State Solution : A Breakthrough for Peace in the Israeli-Palestinian Deadlock [La Solution à un seul Etat : une brèche vers la paix dans le point mort israélo-palestinien] (University of Michigan Press and Manchester University Press, 2005)

Le réseau des ONG palestiniennes remporte le Prix des Droits de l’Homme de la République française 2009

publié le samedi 21 novembre 2009

Pngo
En Novembre 2009, le jury de la Commission nationale consultative française des droits de l’homme en France a sélectionné le Réseau des Organisations Non-Gouvernementales Palestiniennes (PNGO) comme l’un des cinq lauréats, choisi parmi des candidats du monde entier, du Prix des droits de l’homme de la République française 2009.

Le jury considère que le réseau PNGO mérite ce prix en raison de son travail pour la défense des droits de l’homme.

Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, remettra le prix des droits de l’homme aux représentants du PNGO à Paris le 10 Décembre 2009, à l’occasion du 61e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. En outre, le Réseau PNGO recevra une subvention 15.000 Euros, contribution pour la réalisation de ses activités pour la défense des libertés et le renforcement des droits de l’homme.

Le Réseau PNGO est un organisme civil et démocratique qui vise à soutenir, consolider et renforcer la société civile palestinienne sur la base des principes de démocratie, justice sociale et de développement durable. PNGO est une plateforme d’ONG palestiniennes qui regroupe 132 organisations membres travaillant dans différents domaines de développement à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

Le Réseau PNGO a été créé en Septembre 1993, après la signature des Accords d’Oslo, avec l’objectif de renforcer la coordination, la consultation et la coopération entre les différents secteurs de la société civile. Le Réseau PNGO sert de mécanisme essentiel de coordination pour les ONG aux niveaux local, régional et international.

Le Réseau PNGO exprime aujourd’hui sa gratitude et ses remerciements pour avoir remporté ce prix essentiel. Le Réseau PNGO dédie ce prix au peuple palestinien, et aux organisations nationales qui luttent pour atteindre les droits nationaux des Palestiniens ainsi que la primauté du droit.

Le Réseau PNGO considère cette distinction comme un message de satisfaction et de soutien aux efforts déployés par les organisations de la société civile palestinienne. Ces organisations travaillent à renforcer les droits de l’homme, à défendre les libertés, et à promouvoir la restauration de l’unité nationale en Palestine, ceci dans des conditions très difficiles et compliquées dues à l’occupation israélienne,.

PNGO réseau affirme que le fait d’être récompensé de ce Prix lui permettra d’accentuer ses efforts visant à renforcer et à soutenir et à développer la société civile palestinienne, élevant sa voix à différents niveaux.

شبكة المنظمات الاهلية تحصل على جائزة الجمهورية الفرنسية لحقوق الانسان لعام 2009

قررت هيئة المحلفين المؤلفة من اللجنة الاستشارية الوطنية الفرنسية لحقوق الإنسان، الخاصة بجائزة الجمهورية الفرنسية لحقوق الإنسان للعام 2009، باختيار شبكة المنظمات الأهلية الفلسطينية ضمن خمسة فائزين من كافة انحاء العالم وذلك بناء على القرار الذي اتخذته الهيئة في مطلع شهر نوفمبر الجاري.

وورد في القرار الذي تسلمته الشبكة ان هيئة المحلفين وجدت ان العمل الذي تقوم به الشبكة من اجل حماية وتعزيز حقوق الانسان وفقا لروح الاعلان العالمي لحقوق الانسان يستحق هذه الجائزة.

وسيقوم وزير الخارجية الفرنسي برنارد كوشنير بتسليم الشبكة جائزة حقوق الانسان في باريس في الاسبوع الذي يتخللة العاشر من ديسمبر المقبل " بمناسبة الذكرى الحادي والستون للاعلان العالمي لحقوق الانسان" كما سيتم منح الشبكة جائزة مالية قدرها 15 الف يورو كمساهمة لتنفيذ انشطتها في مجال الدفاع عن الحريات وتعزيز حقوق الانسان.

وبهذة المناسبة فأن الشبكة تعرب عن اعتزازها وتقديرها لمنحها هذة الجائزة الهامه والتي تهديها الى كافة ابناء شعبنا الفلسطيني ومؤسساته الوطنية التي تناضل من اجل انجاز الحقوق الوطنية الفلسطينية وسيادة القانون.

وتعتبر الشبكة ان هذة الجائزة هي رسالة تقدير ودعم لجهود منظمات المجتمع المدني الفلسطيني التي تعمل في ظل ظروف بالغة الصعوبة والتعقيد من اجل تعزيز حقوق الانسان والدفاع عن الحريات واستعادة الوحدة الوطنية في مواجهة مخططات الاحتلال الاسرائيلي.

كما تؤكد الشبكة على ان حصولها على هذة الجائزة سيدعم توجهاتها من اجل تعزيز ودعم دور وجهود المجتمع المدني الفلسطيني ورفع صوته على مختلف المستويات النضالية من اجل الحرية وتنمية المجتمع الفلسطيني.

يشار الى ان شبكة المنظمات الأهلية الفلسطينية تجمع ديمقراطي مدني مستقل يضم في عضويته 132 منظمة أهلية تعمل في حقول انسانية واجتماعية وتنموية مختلفة في القدس والضفة الغربية وقطاع غزة، وتهدف الى اسناد وتمكين المجتمع الفلسطيني في اطار تعزيز المباديء الديمقراطية والعدالة الاجتماعية والتنمية المستدامة واحترام حقوق الانسان.

وتقدم الشبكة خدماتها دونما تمييز على اساس الدين او الجنس او العرق حيث انشئت شبكة المنظمات الاهلية الفلسطينية في ايلول عام 1993، بعد توقيع اتفاق اوسلو مباشرة، بهدف تعزيز التعاون والتشاور والتنسيق والتشبيك بين مختلف منظمات المجتمع المدني. منذ ذلك الحين، وحتى الان، اضحت شبكة المنظمات الاهلية واحدة من المكونات الهامة من المجتمع الفلسطيني، وخاصة كحلقة وصل واطار مرجعي للتنسيق بين المنظمات الاهلية على المستويات المحلية والاقليمية والدولية.

The Palestinian NGOs Network(PNGO) Ramallah

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Israël démolit une maison palestinienne à Jérusalem-Est

publié le samedi 21 novembre 2009

Nouvelobs.com avec AP et AFP
Cette action intervient alors que les autorités israéliennes ont annoncé un plan de construction de 900 logements juifs à Jérusalem-Est, suscitant une vive réprobation internationale, notamment des Etats-Unis qui y voient un nouvel obstacle au processus de paix.

Les autorités israéliennes ont procédé à la démolition mercredi 18 novembre d’une maison palestinienne construite sans permis dans le secteur oriental annexé de Jérusalem. Cette action intervient moins de 24 heures après l’annonce par Israël de la construction de 900 logements juifs à Jérusalem-est, qui a suscité une vive réprobation internationale, notamment des Etats-Unis, et vient placer un nouvel obstacle à une relance du processus de paix israélo-palestinien [1]. "La maison a été détruite au motif qu’elle a été bâtie sans permis de construire", a déclaré une porte-parole de l’ONG israélienne "Rabbins pour les droits de l’homme", opposée à la colonisation juive en Cisjordanie occupée. Le porte-parole de la police a indiqué que la maison, située dans le quartier d’Issawiya de Jérusalem-est, avait été détruite sur l’ordre d’un tribunal.

Israël "crée une situation d’apartheid"

"Les habitants du quartier ont bloqué plusieurs routes menant à la maison et jeté des pierres sur la police. Aucune arrestation n’a eu lieu", a précisé Micky Rosenfeld.

D’après l’AFP, des dizaines de policiers et de militaires, la plupart en tenue anti-émeutes, ont été déployés pour assurer la sécurité durant l’opération. Quelques échauffourées ont eu lieu, sans faire de blessés. L’Autorité palestinienne a dénoncé cette action. "Au moment où Israël continue de construire plus d’implantations illégales, il démolit davantage de maisons palestiniennes dans Jérusalem-est occupée [...] et crée une situation d’apartheid de facto sur le terrain", a déploré le négociateur Saëb Erakat.

Plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont appelé Israël à s’abstenir de procéder à de telles démolitions pour ne pas entraver le processus de paix.

Jérusalem-est, où vivent quelque 200.000 Israéliens installés dans une douzaine de nouveaux quartiers ainsi que 270.000 Palestiniens, a été conquise durant la guerre de 1967 puis annexée.

Un projet de construction de 900 habitations

Mardi, la commission de planification de Jérusalem a déposé un projet de construction de 900 unités d’habitation à Gilo, quartier juif de Jérusalem-Est que les Palestiniens revendiquent, déclenchant les critiques des Palestiniens mais aussi une dénonciation particulièrement virulente de la part des Etats-Unis, qui ont jugé cela "consternant". Le négociateur palestinien Saeb Erekat a vivement condamné cette décision d’expansion de Gilo, où vivent déjà quelque 40.000 juifs. Selon lui, elle "montre que cela ne rime à rien de reprendre des négociations tant que ce genre de choses continue".

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a jugé "consternant" ce projet d’expansion, qui rend "plus difficiles" les efforts de relance du processus de paix menés par les Etats-Unis. Il a critiqué toute mesure "susceptible d’anticiper unilatéralement, ou semblant anticiper sur des négociations" : la question de Jérusalem doit "être réglée via des négociations entre les parties", a-t-il ajouté. "Les Etats-Unis sont également opposés à d’autres pratiques d’Israël à Jérusalem liées au logement, y compris le comportement constant d’évictions et de démolitions de maisons palestiniennes", a conclu Robert Gibbs.

"Israël se fiche de la position américaine"

Nabil Abu Rdeneh, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, a estimé qu’il "s’agit d’un message adressé au président Obama, lui disant qu’Israël se fiche de la position américaine". Il "devrait y avoir une vraie pression américaine sur les Israéliens pour qu’ils arrêtent tous ces actes", lesquels selon lui "prouvent qu’Israël ne veut pas la paix et ne veut pas relancer le processus de paix", a-t-il estimé.

Londres aussi a critiqué ces projets. "Le Secrétaire au Foreign Office a toujours été très clair sur le fait d’un accord crédible comprend Jérusalem comme capitale partagée. Agrandir les implantations sur des terres occupées à Jérusalem-Est rend cet accord bien plus difficile. Cette décision sur Gilo est mauvaise et nous nous y opposons", a fait savoir la diplomatie britannique dans un communiqué.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lui aussi dénoncé l’action israélienne, estimant, selon sa porte-parole Michele Montas, que "de telles actions mettent à mal les efforts en vue de la paix et mettent en doute la viabilité de la solution de deux Etats".

"Une partie intégrante de Jérusalem"

Dans un communiqué, les services du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou ont défendu ce qu’ils ont qualifié de "procédure de routine de la commission de planification", et ajoutant que "le quartier de Gilo est partie intégrante de Jérusalem".

Environ 180.000 Israéliens vivent dans les quartiers construits autour de Jérusalem-est, l’Etat hébreu, qui considère que Jérusalem-Est -annexée en 1967- fait partie d’Israël, refuse toute restriction des constructions. Les Palestiniens pour leur part considèrent ces quartiers juifs comme des colonies de peuplement alors que l’Etat hébreu exclut de facto Jérusalem-Est de toutes les discussions sur le gel des constructions.

La rapidité avec laquelle la Maison Blanche a réagi, alors que Gibbs se trouve en Chine avec Obama, pourrait bien être la conséquence des déclarations malheureuses de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton il y a trois semaines à Jérusalem.

Alors que les Palestiniens réclament le gel total de la colonisation, elle avait pour sa part estimé que le gouvernement israélien faisait preuve de retenue sur le dossier et dit déceler des pas en avant positifs. Des propos qui avaient suscité la colère du monde arabe et une immense déception vis-à-vis de la position de Washington.

[1] voir aussi la déclaration de la Confédération Syndicale Internationale :

La CSI condamne l’extension de la colonie de Gilo en Israël

La CSI condamné, aujourd’hui 19 novembre, la décision du gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’étendre la colonie de Gilo au sud de Jérusalem, sur un territoire annexé par Israël en 1967, qu’elle considère comme une nouvelle menace illégale aux chances de paix.

L’annonce de construction de 900 nouveaux logements dans le quartier de colonisation a été vivement critiquée à l’échelon international.

« L’implantation de colonies israéliennes sur le territoire palestinien, en violation au droit international, constitue une barrière majeure à la résolution du conflit et la décision d’étendre cette colonie ne peut qu’aggraver la situation. Israël devrait retirer les colonies au lieu de les étendre. Cette décision immorale et illégale ne fera qu’exacerber la colère palestinienne, affaiblir la position de ceux qui recherchent la paix des deux côtés et augmenter le risque d’un nouveau conflit, au détriment tant des Palestiniens que des Israéliens » a affirmé Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.

Bruxelles, le 19 novembre 2009 (CSI en ligne) http://www.ituc-csi.org/spip.php?ar...

Mahmoud Abbas sort un nouveau va-tout

publié le samedi 21 novembre 2009

Christophe Ayad
Le Palestinien, qui menace de proclamer unilatéralement un Etat, a rencontré Kouchner hier.

En agitant depuis ce week-end la menace d’une proclamation unilatérale de l’Etat palestinien, Mahmoud Abbas a voulu réveiller Européens et Américains, à qui il reproche de n’exercer aucune pression sur Israël, accusé de multiplier les faits accomplis sur le terrain. Le président de l’Autorité palestinienne est un homme aux abois. Discrédité jusque dans son camp pour sa gestion catastrophique du rapport Goldstone, vilipendé par son peuple pour avoir participé à un sommet inutile avec Benyamin Nétanyahou et Barack Obama en septembre à New York, raillé par les islamistes du Hamas pour son impuissance, Abbas multiplie les SOS. Il a déjà solennellement annoncé son intention de ne pas se représenter aux élections, pour l’instant reportées sine die. Et maintenant, il menace de proclamer son Etat sans délai.

Agacé. Bernard Kouchner, qui a rencontré Abbas hier soir à Amman en Jordanie, lui a réaffirmé le « soutien de la France » à sa personne et l’urgence de « retourner aux pourparlers politiques », sans se prononcer sur une proclamation unilatérale. Israël a répliqué en menaçant d’annexer des blocs de colonies en Cisjordanie. Côté américain, la déclaration palestinienne est jugée incompatible avec le principe même d’une négociation, certains sénateurs allant même brandir la menace d’un veto au Conseil de sécurité de l’ONU. En termes plus diplomatiques, Paris juge la démarche « préjudiciable à la reprise des négociations ». Ce n’est pas tant l’idée que son timing qui n’est pas opportun, estime-t-on dans l’entourage de Kouchner. « La France veut un Etat palestinien. Mais il ne suffit pas de le vouloir. Quel Etat, dans quelles frontières ? Cela se prépare. » L’initiative palestinienne a d’autant plus agacé Washington que George Mitchell, l’envoyé spécial d’Obama, continue de négocier avec Israël un gel partiel de la colonisation (limité à neuf mois, excluant Jérusalem-Est et les projets déjà lancés), ainsi que les paramètres d’une future négociation. « Obama est dans le temps long, résume un diplomate européen, Abbas est pressé. »

L’administration Obama, après avoir donné trop d’espoirs en promettant aux uns un arrêt de la colonisation et aux autres des gestes de normalisation arabes, apprend les dures lois du Proche-Orient. Désormais, même certains pays arabes, comme la Jordanie, préconisent une reprise immédiate des négociations directes, sans condition préalable. « Mais il faut des négociations qui partent des acquis précédents, résume un haut responsable jordanien. Des négociations avec une date butoir. Enfin des négociations dont l’objectif final est clair, c’est-à-dire un Etat palestinien dans les frontières de 1967. »

Dévoiler. En fait, plus que proclamer un Etat - ce qu’Arafat avait fait en 1988 à Alger et qu’une centaine de pays avait reconnu, sans effet -, l’objectif d’Abbas est de forcer Obama à dévoiler son idée du futur Etat palestinien. Il cherche aussi à mesurer ses soutiens au sein de l’Union européenne, principal bailleur de fonds des Palestiniens : l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas sont les plus hostiles à une démarche unilatérale.

"Le signe de Caïn gravé sur le front d'Israel"

Publié le 21-11-2009


Rien ne va plus : même les Iles Salomon se démarquent d’Israël !

"De l’importance des îles Salomon pour Israël

Dans sa lutte contre le rapport "Goldstone" qui l’accuse d’avoir commis des crimes de guerre dans la bande de Gaza, Israël ne ménage aucun front. Un de ses diplomates était attendu cette semaine à Honiara, la capitale des îles Salomon, micro-Etat d’Océanie. L’émissaire était chargé de communiquer la mauvaise humeur de l’Etat juif après que cet archipel a contribué, le 6 novembre, à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du rapport rédigé par le juge sud-africain Richard Goldstone. "Devant l’Assemblée générale, la voix des îles Salomon compte autant que celle de la Chine ou de la France", explique Yigal Palmor, le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien.

La résolution enjoint Israël et le mouvement islamiste Hamas, qui est également accusé de crimes de guerre, d’enquêter sur ces allégations, sous peine de voir le rapport transféré au Conseil de sécurité des Nations unies. Israël avait aussitôt stigmatisé ce vote attendu, le qualifiant de "détaché de la réalité". Le ministère des affaires étrangères, QG de la contre-attaque, avait été surpris de trouver parmi les "instigateurs de la résolution" le nom des îles Salomon.

Car, jusque-là, ce pays peuplé d’un demi-million d’habitants était un allié aussi constant qu’anonyme de l’Etat juif. A l’intar du Vanuatu, de Palau, Nauru ou des îles Marshall, ses minuscules voisins des mers du Sud. "On sait que les îles Salomon ont reçu 200 000 dollars (134 164 euros) de l’Iran pour envoyer des étudiants à Cuba, dit Yigal Palmor. Rien ne dit que le vote aux Nations unies a été acheté, mais on est en droit de nourrir quelques soupçons."

Une diplomate israélienne, de passage dans la région, a donc été chargée de rendre visite au premier ministre, Derek Sikua, qui gère un millier d’atolls et d’îlots. Cette mission exotique témoigne du désarroi causé par le rapport. Dans le quotidien Yediot Aharonot, le plus gros tirage local, l’éditorialiste Sever Plocker s’alarme : "Le rapport "Goldstone" est comme le signe de Caïn gravé sur le front d’Israël. Notre image à l’étranger est en pleine chute libre."

Benjamin Barthe

Article paru dans l’édition du 21.11.09

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/11/20/de-l-importance-des-iles-salomon-pour-israel_1269828_3218.html

CAPJPO-EuroPalestine